Ces choses qui me font chuter dans la violence éducative ordinaire…



Nous sommes le 30 avril, journée de la non-violence éducative ; en raccourci : VEO Les posts de sensibilisation sur le sujet foisonnent sur le net et je me suis levée ce matin en me demandant si un de plus avait franchement son utilité.

Et puis, j’ai eu envie de partager quelque chose de plus personnelle. Non pas pour sensibiliser sur ses causes connues remontant à notre propre enfance et sur ses effets, mais sur ce qui ME fait «chuter» dans la VEO, ainsi que de nombreux parents, pourtant convaincus de sa nocivité.

Avec les années, j’ai réalisé que beaucoup de mes chutes dans la VEO étaient dues à de fausses croyances qui étaient devenues le lit de certains déséquilibres dans mon accompagnement éducatif.


La première de ces fausses croyances était que je devais trouver ça merveilleusement riche et incroyablement épanouissant d’être parent. Jour après jour, nuit après nuit, quels que soient la qualité de mon sommeil, l’état de mon réservoir émotionnel ou affectif et les difficultés que je rencontrais. J’ai pensé, plusieurs années, que le large « sourire Colgate » que j’affichais en m’occupant de mes bambins était le signe d’une bienveillance et d’une patience à toute épreuve. Ce qui m’emmène à ma deuxième fausse croyance. Être bienveillant, c’est avoir une patience EXTRA ORDINAIRE et une grande, grande, grande flexibilité. Pour ne citer que 3 exemples : - Savoir rebondir sans broncher à chaque imprévu. Je ne vous apprends rien en précisant que vivre avec des enfants apporte une quantité d’imprévus considérable… - Trouver fantastique toutes les expériences qu’ils font, quels qu’en soient les conséquences. Je ne vous apprends rien non plus en précisant qu’ils regorgent de créativité en la matière ! - Ne pas avoir trop d’exigences et laisser une grande place à la négociation. Ce n’est pas un scoop non plus, beaucoup d’enfants maîtrisent l’art de la négociation à en faire pâlir de jalousie les négociateurs les plus expérimentés.


Ma troisième fausse croyance me poussait à accepter au sein de ma famille ce que d’autres parents « bienveillants » plus expérimentés ou certains professionnels de l’éducation bienveillante jugeaient acceptable et bon pour m’aligner avec cette « façon » d’accompagner les enfants. Comme si je devais avoir l’adhésion d’une « communauté » entière pour valider la qualité de mon maternage, de ma parentalité ou si je coche bien toutes les cases de la bienveillance éducative. Même si ces choses ne faisaient pas écho en moi ou pire, qu’elles entraient en collision avec mes besoins, mes limites ou mes valeurs. Chacune de ces fausses croyances contribuait à m’éloigner de mon authenticité et pouvait par moment me faire perdre de vue ce qui était important pour MOI. Où se situaient mes limites, quels étaient mes besoins et quelles valeurs je souhaitais transmettre à mes enfants !?... Ces fausses croyances déclenchaient un conflit intérieur dont la violence pouvait par moment éclabousser l’extérieur et donc me faire chuter dans la VEO par manque d’alignement à qui je suis, à ce que je ressens et à ce que je souhaite réellement vivre. De ces fausses croyances pouvaient également découler un sentiment d’insatisfaction, d’incompétence et un immense découragement. Sentiments, eux aussi violents pour moi et qui me faisait réagir brusquement plutôt qu’agir en conscience. C’est donc bien souvent un manque d’alignement à mes valeurs, une négation de mes sentiments ou de mes besoins, le repoussement de mes limites qui me faisaient et me font chuter dans la VEO et, ça, malgré ma conviction profonde sur ses effets nocifs. ATTENTION ! Chacune de ces fausses croyances a une part de vérité et aucune n’est fondamentalement mauvaise. Elles demandent juste à être nuancées pour rester aidantes pour nous, parents.


Ma recette pour moins chuter dans les VEO (je dis bien « moins » car il serait illusoire de laisser croire que lorsque l’on veut, on peut. La réalité est bien plus compliquée que ça), c’est :

- Nourrir mes prises de conscience à travers mes lectures, mes conversations, l’écoute des autres et de leurs histoires, ma réflexion…

- Accepter et assumer que je n’aime pas toujours ça, être parent !

- Ma patience a des limites et c’est ok !

- Ma flexibilité a des limites et c’est ok !

- J’ai le droit de ressentir ce que je ressens sans culpabilité ;

- Mes limites n’ont pas à se situer au même endroit que celles des autres, aussi fantastiques soient-ils dans leur rôle de parent ou leurs conseils aussi éclairés soient-ils ;

- J’ai le droit de définir un cadre au sein duquel chacun trouve ses repères et qui reste inflexible ;

- J’ai le droit de faire preuve de flexibilité là où j’estime que c’est Ok pour moi, même si les autres ne valident pas ;

- Je n’ai pas de compte à rendre à l’ensemble de la communauté de l’éducation bienveillante, non violente, positive, créative ou autre nom terminant par « ante » ou « tive » 😉

- RESTER MOI-MÊME (les autres sont déjà pris. C’est Oscar qui l’a dit !)


Et vous, quelles sont les fausses croyances qui vous handicapent dans votre démarche de non-violence éducative ?


Anaëlle Sanzey

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